
Non, le mot "paradis" n a pas ete choisi juste pour vous faire rever. Ce que nous avons vecu la-bas a ete extraordinaire. Nous en sommes revenues transformees. Mais commencons au debut. Comme le disais celine dans son precedent article, nous etions a Rurrenabaque petite ville du coeur de l Amazonie. Apres une delicieuse journee et soiree (piscine, apero, resto et hamac) et une bonne nuit de sommeil dans la chaleur moite, nous etions prete a vivre l aventure du coeur de l amazonie. Le camp ou nous allions passer deux jours et trois nuits etait encore bien loin d ici. C est en pirogue que nous sommes parties, nous etions 8. Il nous a fallu pas moins de 6 heures pour atteindre les rives de Chalalan. Un trajet magique avec des nuages qui taquinnent les montagnes, une civilisation qui disparait au fil des kilometres (nous ne croisons plus aucune barque), et une halte dans une reserve naturelle de perroquets. Le ton etait donne.  Nous arrivons donc sur la rive. Il nous faudra encore 20 minutes de marche pour enfin decouvrir Chalalan. Ici tout nos sens sont sollicites. L air est lourd et humide. Lorrsque nous penettrons au ceur de la foret pour la premiere fois c est tres impressionnant. La vegetation est tres dense. On entend des milliers de bruits, d insectes, d oiseaux... et nous au milieu petite chose de rien du tout, perdues dans cette immensite verte.  Et puis nous arrivons. Le camp, situe au bord d un lagon, est constitue de plusieurs payottes au milieu de nulle part. Pour la petite histoire, ce projet a vu le jour en 2001. Il est porte par la communaute de San Jose de Uchupiamonas. Voyant de nombreux touristes arriver, ils ont voulu cree un projet ou ils pouvaient a la fois proteger leur espace naturel (le parc nationnal de madidi) et faire partager la connaissance de leur environement et de son respect. Ils ont, apres de nombreuses difficultes, pu construire de leurs mains le camp de Chalalan. Ils se sont formes a l anglais pour pouvoir acceuillir les touristes. Les benefices permettent en outre de financer des projets pour leur communaute, comme la construction d une ecole ou d un dispensaire. (plus d infos sur www.chalalan.com) Apres avoir decouvert les lieux, pris connaissance des consignes de securite pour nous et pour le respect de l environement nous decouvrons nos chambre qui sont superbes. Faites avec des bois precieux de la foret, ca en jette! Puis au vue de la chaleur ambiante, nous decidons d aller prendre un petit bain dans le lagon. Notre guide nous donne quelques consignes de securite : surtout ne vous approche pas trop du bord c est la que sont les caimans. Pour les pyrannas, araignes et bebetes en tout genre, on verra une fois dans l eau. Le truc c est qu on y voit pas a 10 cm dans l eau. Qu importe, le cadre est somptueux et la baignade se passera sans soucis. Pour se remettre de ces emotions rien de mieux qu une sieste dans un hamac sous le pamplemoussier...
 Apres le repas (delicieux et naturel), la nuit est deja tombe. Nous nous preparons a l expedition nocture dans la foret. Les bruits se sont amplifies. Les grenouilles et insectes en tout genres chantent de concert. Autant vous dire, rien de tres rassurant. Beaucoup de petites betes non identifies nous tournent autour et cherchent a deguster cette chair fraiche. Avant meme de penetrer dans la masse sombre, nous observons un serpent sous un bungalow. Puis nous penettrons dans le foret. Et nous allons aller de surprise en surprise.De plus en plus detendu et surtout emerveillees de cette vie nocture. Serpent mortel, grenouille plate, poisson en tout genre, tarentules, bullet ant (grosse fourmie dangereuse)... Bref, c etait magique. Sur le tronc des arbres quand nous pointions nos lampes, nous voyons des points jaunes : les yeux des araignes. Donc interdiction formelle de toucher les arbres. Lorsque les points lumineux etaint rouges c etaint une plus grosse bete... mais nous n en n avons pas vu. Pas ce soir la du moins.. Retour au camp, avant d aller nous coucher, il nous reste un rituel important a accomplir. Acceuillis par des musiciens, nous nous regroupons autour d une table. Au centre, un gros tas de feuilles de coca, des cigarettes, des verres et grigris. Nous devons choisir trois feuilles de coca (plante traditionelle ici qui sert beaucoup contre le mal de l alltitude, elle sert aussi a la fabrication de la cocaine...). Nous les coupons en trois et nous les donnons en offrande a la Pachamama, la terre mere. Puis pour celebrer cette ceremonie nous avons le droit a un verre de lait chaud melange a l alcool local, le pisco. Avant de boire, on en jette un peu sur la terre nouriciere, en offrande. Quelques note de musique, une petit dose de hojas de coca, un pas de danse et enfin... au lit. Deuxieme jour, reveil au milieu de ce paradis et depart pour une balladde d exploration en plein jour. Nous avons encore vu des petites betes et des oiseaux, un singe meme dans le camp avant de partir. Mais le plus surprenant, c etait d apprendre a regarder la ou nos yeux ne voyait que de la verdure. Nous avons pu observer l equilibre naturel d un tel espace. La fonction et les tresors de tels arbres ou plantes, leurs cohabitations avec les insectes, la place de chacun et les dangers. Nous avons par exemple vu un arbre qui pouvait marcher, enfin se deplacer de plus dun metre par an pour avoir plus de lumiere. Un autre dont l ecorce produisait de l ail. Des termites qui n attaquaient jamais l arbre ou elles avaient elu domicile... Chaque element a une fonction et permet l equilibre naturel de lensemble. En prendre conscience, c est aussi prendre conscience de la place de l homme dans l ecosysteme. Ici, il semblerait qu ils ont trouve le moyen de vivre dans cet ecosysteme comme un element du puzzle, en harmonie. L apres midi, apres la sieste meditative du hamac, nous partons pour une seconde randonnee. Nous marchons quelques heures pour atteindre un point de vue extraodinaire. Nous passons de l observation minutieuse a la contemplation du grandiose...
 Apres le diner, la journee n est pas encore finie. A la nuit tombee, nous avons le droit a une ballade sur le lac (sans le reste du groupe qui au passage etaient de gros boulets). Les bruits nous enveloppent, nous entourent. A peine quelques coup de pagaies et des yeux rouges apparaissent. On se rapproche pres, tres tres pres. C est un caiman. En le parcourant il fait au moins 4 m! Apres quelques photo nous continuons notre ballade, le ciel est a tomber par terre (heuresement nous sommes dans une barque). Il y a des milliers d etoiles et pas une seule lueur de civilisation pour les empecher de briller. Entre chauve-souris et oiseaux noctures, nous verrons deux petits caimans, un serpent etrangleur pret a manger un oiseau dormant sur une branche et une grenouille venimeuse.... C est des images plein les yeux que nous nous couchons. Le lendemain, je me leve aux aurores pour admirer le lever de soleil sur ce paradis terrestre. Les couleurs se devoilent, les grenouilles doucement de taisent et d autres bruits prennent la releve. Un spectacle a vous couper le souffle.... Pas facile de partir apres tout ca, il faudrait encore un peu de temps pour en decouvrir plus, en apprendre plus. C est empreintes de nostalgie que nous regagnons la rive du Beni. Mais nous avons l une et l autre beaucoup pense, beaucoup pris de cette aventure hors du commun. Avant d arriver a Rurrenabaque, il nous fallait tout de meme une petit panne! C est donc au milieu du fleuve que notre moteur nous a lache. (bon en vrai nous n etions qu a quelques km de l arrive). N esperez pas avoir de reseau de telephone ici... Alors on attend. Par chance une autre barque fini par venir vers nous. Et voila les deux embarcations accrochees l une a l autre par... des petites mains! Cest de cette maniere pittoresque que nous regagnons les rives de Rurre. Le voyage est termine, un autre prend sa suite. Chalalan c est termine.... Toutes les photos ici |